L’Hallux Valgus (« oignon »)

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L’hallux valgus (communément appelé « oignon ») correspond à une déformation du premier orteil («gros orteil» ou « hallux ») s’inclinant vers les orteils latéraux (vers l’extérieur, en « valgus »).
Cette déformation génère une saillie osseuse sur la partie médiale de l’orteil, à l’origine de phénomènes arthrosiques douloureux et d’une gêne au chaussage. Il s’agit de la déformation la plus fréquente du gros orteil.
Elle atteint préférentiellement les femmes, parfois dès le plus jeune âge. On ne connaît pas réellement les causes de cette déformation mais l’origine congénitale (héréditaire, généralement présent chez la mère ou la grand mère), les laxités ligamentaires et le chaussage porté (chaussures étroites à talons) semble la plus vraisemblable.

L’anatomie

hallux-valgus-AFCPLe squelette osseux du gros orteil (« hallux ») est constitué du premier métatarsien se prolongeant par deux phalanges. L’articulation entre la tête du premier métatarsien et la base de la première phalange (articulation « métatarso-phalangienne ») est normalement rectiligne ou peu inclinée vers l’extérieur (10° de valgus en moyenne). Lors de la marche, le gros orteil peut ainsi bouger facilement et sans douleur pour s’adapter au terrain et à la chaussure.
Cette articulation «métatarso-phalangienne» est donc essentielle pour la marche :

  • Le glissement est facile et indolore grâce au cartilage qui recouvre les extrémités osseuses.

  • La stabilité est assurée par à un manchon fibreux, «la capsule», renforcé par des «ligaments».

  • La mobilité est commandée par des tendons, prolongement des muscles de la jambe s’attachant sur les différents segments osseux.

  • La sensibilité est sous la dépendance des nerfs sensitifs, terminaison des gros troncs nerveux de la jambe.

En fonction de la longueur du gros orteil votre pied est classé en différents types :

  • « Pied grec » avec un second orteil plus long que le premier;

  • « Pied égyptien » où le gros orteil est le plus long,

  • Enfin, « pied carré » où les deux premiers orteils ont la même longueur.

La pathologie (Le problème)

L’hallux valgus (ou « oignon ») est une déformation progressive du gros orteil, sous la forme d’une accentuation du valgus de la première phalange et d’une saillie médiale de l’articulation métatarso-phalangienne. Cette déformation va entraîner votre gros orteil (hallux) vers l’extérieur (valgus) en direction du deuxième orteil. Le métatarsien se déplaçant vers l’intérieur (varus) et les phalanges vers l’extérieur (valgus). A la jonction du métatarsien et de la première phalange va apparaître une « bosse », sur la partie médiale du pied, qui frottant contre le soulier peut créer une inflammation (« bursite »).

Cette déformation est la pathologie la plus fréquente de l’avant-pied. Elle prédomine chez la femme, peut-être favorisée ou majorée par l’âge, le port de chaussures à talons et à bouts étroits. Il existe parfois une prédisposition familiale ; la déformation peut ainsi débuter dès l’enfance (hallux valgus congénital).
Cette déformation articulaire va, de manière progressive et à une vitesse variable, entraîner une rétraction de certains tissus (capsule, ligaments, tendons) et une détente ou une rupture d’autres structures, rendant la déformation enraidie et fixée.

La clinique

La déformation clinique prédomine initialement sur la partie médiale de l’articulation métatarso-phalangienne, créant une gêne au chaussage, puis une bursite. La déformation s’aggrave progressivement, la bursite grossit et le pied se déforme ensuite dans son ensemble avec des déformations des orteils latéraux, par transfert d’appui (position antalgique, transfert des charges ne pouvant plus se faire sur l’hallux du fait de la déformation et se reportant sur les orteils adjacents).
Apparaît ainsi des hyper-appuis plantaires douloureux avec développement de durillons sous le pied (souvent sous les 2ieme-3iemes métatarsiens) et de cors sur les orteils latéraux qui évoluent progressivement « en griffes » (frottement avec la chaussure).

Nous pouvons distinguer 2 types de douleurs:

  • une douleur inflammatoire au niveau de l'articulation, présente avec et sans chaussures et qui peut réveiller la nuit: c'est une douleur arthosique provoquée par le desaxement de l'articulation.

  • une douleur par friction avec la chaussure, rougeur sur le côté de l'hallux valgus, la douleur est très accentuée avec les chaussures.

Le diagnostic

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Le diagnostic est facile : il s’agit d’une saillie douloureuse de la face interne de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil (parfois avec bursite) associée à une accentuation du valgus phalangien. Les deux phalanges vont s’orienter vers le second orteil, jusqu’à parfois le croiser.
Petit à petit la déformation va s’aggraver, le 1er orteil va perdre son rôle d’appui au sol, sollicitant davantage les orteils latéraux dont les structures osseuses et articulaires (de plus faibles résistances) vont se dégrader, produisant des déformations « en griffe ».
Un bilan radiologique, permet de mesurer l’importance de la déformation, évaluer les conséquences sur les orteils latéraux

 

Les traitements médicaux

L’adaptation du chaussage, large et souple, reste longtemps efficace ; éventuellement complété par des orthèses plantaires (réalisées par un pédicure-podologue), des contentions de protection ou de correction, des massages du K-tape...

Ces contentions sont efficaces pour diminuer significativement les douleurs arthrosiques (le reaxement de l'orteil diminue les contraintes de l'articulation).

Un traitement médical antalgique est possible pour diminuer les phénomènes douloureux, mais, il ne pourra stabiliser ou corriger la déformation (ex: anti inflammatoires en pommade: VALTAREN gel). Les gels ou pommades à l'ALOE VERA peuvent également aider à soulager.

Les contentions ont un pouvoir limitées dans le temps, elles ne font de repousser la déformation arthrosique, la déformation revenant dès que la contention est enlevée.
Le seul traitement vraiment efficace au long terme est le traitement chirurgical (consistant à ré-axer votre premier orteil). Il est proposé en dernière intention, quand les douleurs deviennent insuportable, que le chaussage devient difficile et/ou que les orthèses deviennent inefficaces. Il faut garder en tête que cela reste une opération chirurgicale et que je le taux de réussite n'est pas de 100%, même si dans la plupart des cas l'opération se passe bien, il faut être conscient des risques post-opératoires (opération ratée, infection post op, douleur post op, mauvaise consolidation osseuse...).

 

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